La Prison

Études propose des solutions complètes de conseil, de gestion, de conception vet de recherche. Chaque projet d’architecture est une opportunité de façonner l’avenir.

Laisser une marque indélébile sur le paysage de demain.

Un tableau de ressources

Notre suite complète de services professionnels s’adresse à une clientèle diversifiée, allant des propriétaires au développeurs commerciaux.

Application Études Architect

  • Collaborez avec d’autres architectes.
  • Présentez vos projets.
  • Découvrez le monde de l’architecture.

Newsletter Études

  • Un monde d’articles stimulants.
  • Études de cas qui célèbrent l’architecture.
  • Accès exclusif aux connaissances en design.

Rivage avec une mer bleue

Eleanor Harris (Américaine, 1901-1942)

ÉCOSYSTÈME

Positive growth.

Nature, in the common sense, refers to essences unchanged by man; space, the air, the river, the leaf. Art is applied to the mixture of his will with the same things, as in a house, a canal, a statue, a picture.

But his operations taken together are so insignificant, a little chipping, baking, patching, and washing, that in an impression so grand as that of the world on the human mind, they do not vary the result.

Sans doute n’avons-nous pas de questions à poser qui soient sans réponse. Nous devons faire confiance à la perfection de la création au point de croire que, quelle que soit la curiosité que l’ordre des choses a éveillée dans notre esprit, l’ordre des choses peut la satisfaire. La condition de chaque homme est une solution en hiéroglyphes aux questions qu’il poserait.

Uncover a realm of opportunities.

Exploring life’s complex tapestry, options reveal routes to the exceptional, requiring innovation, inquisitiveness, and bravery for a deeply satisfying voyage.

De mémoire, début Avril 1945, nous reçûmes à Constantine un délégué d’Alger : un membre du Comité central du Parti du peuple algérien qui nous a été présenté sous le nom de “ Si Saïd ”.

         Un dîner fut organisé chez moi parce que je résidais dans la ville arabe et habitais seul. Les convives tous membres du P.P.A étaient environ une vingtaine. A ma mère qui ignorait totalement mes activités politiques j’ai dit : “Ce sont des amis qui viennent des environs ”. Le menu : une chorba, un plat de couscous avec viande et légumes ; on servit ensuite du bon café agrémenté d’eau de fleurs d’orangers et des dattes. C’est à ce moment là qu’on entama l’ordre du jour. Ce fut d’abord la présentation du frère Si Saïd aux assistants. Ensuite, ce jeune frère, âgé de moins de trente ans nous fit un brillant exposé sur l’activité du Parti, les préoccupations de l’heure et les mesures à prendre en vue de faire face dans les prochaines semaines, à la célébration de la victoire des Alliés;   répartition des tâches, sensibilisation de la population, sabotage dans les casernes, détection des lieu de dépôts d’armes et de munitions de guerre, appel à la rébellion des nouvelles recrues qui doivent rejoindre le maquis.

         Puis ce furent les questions émanant de quelques responsables auxquelles Si Saïd répondit avec aisance et clarté. Deux membres du parti furent très appréciés : ils travaillaient tous deux à titre civil dans la caserne de Constantine, ce sont Aouati Brahim et Benouattaf Abdelmadjid. L’un se chargera de nous apporter les registres des nouvelles recrues et l’autre devait nous fournir avec exactitude l’emplacement des dépôts d’armes et de munitions de guerre. Il fallait se préparer  au déclenchement de la lutte armée dés la proclamation  de l’armistice ; c’était du mois les directives que nous avions reçues en ce moment là. Plus de précisions devaient nous parvenir au moment opportun.

         A la veille du 8 Mai, une circulaire qui nous est parvenue parlait seulement d’une manifestation pacifique ; il fallait laisser à la mosquée même les cannes, les bâtons, les gourdins etc. D’autres part, sortir le drapeau algérien encadré de ceux de l’Amérique, l’U.R.S.S, l’Angleterre et de la France. Par ailleurs, des banderoles devaient porter par exemple : vive l’Algérie libre et indépendante, libérez Messali, à bas le colonialisme etc. Nous  mîmes à l’œuvre le 7 Mai : deux tendances devaient s’affronter : celles des militants PPA qui voulaient appliquer à la lettre les instructions de Comité central surtout pour le port du drapeau et celle des militants AML (Parti du manifeste) qui cherchaient une position intermédiaire. Le préfet de Constantine Lestrad Carbonel, sollicité, pour nous autoriser à manifester avait à deux reprises refusé l’autorisation de défiler. Il fut, en fin de compte, décidé de défiler malgré l’interdiction de la préfecture.

         Tout fut fin prêt le 7 Mai au soir. Un plan de la manifestation fut préparé et suivi à la lettre : les militants de base aidés des cadres n’eurent pas de peine à le suivre.

         Les manifestants se rassemblèrent à quinze heures précises, pont Sidi-Rached. C’est de là que démarra le défilé avec banderoles et mots d’ordre. Les manifestants se rassemblèrent en un laps de temps par centaines ; ils étaient encadrés par les militants du Parti nationaliste.

         Le défilé démarre, il est presque à la hauteur de l’hôtel Cirta où se trouve la représentation américaine. Des policiers de la PRG interviennent pour faire stopper la manifestation : “ Nous sommes en règle ” dit l’un des dirigeants, “ nous avons l’autorisation de la préfecture ”. “ Alors, montrez-nous la ”.

         “ Elle est chez ‘‘X’’ qui se trouve au bout du défilé … ”. Pendant ce temps, les manifestants avancent. Je m’aperçois de la présence d’un officier américain adossé au pont ; il me fit une réflexion pertinente : “ … tenue anglaise, ravitaillement américain, soldats algériens France crie victoire ! ”.

         “ C’était là, pour nous, notre victoire. Au moment où les policiers s’aperçurent qu’ils avaient été joues, notre objectif était atteint : la manifestation avait été filmée. Peu après, des soldats noirs apparurent, conduisant des tanks. Les manifestants restèrent imperturbables, attendant l’ordre de leurs responsables. L’objectif étant atteint, les manifestants furent invités à regagner la ville arabe par les deux extrémités du pont Sidi-Rached, noyés dans les ruelles de la ville.

         La manifestation terminée, arrestations et perquisitions commencèrent. Smaïl Chaâlal, peintre en bâtiments, archiviste du PPA est l’un des premiers à avoir reçu en son immeuble la visite de la PRG. Il dispose d’une chambre unique qui donne, par la fenêtre, sur l’Oued Rhummel. On frappe plusieurs fois à la porte verrouillée : “ Police ouvrez ! ”. Au lieu d’ouvrir la porte, Smaïl Chaâlal ouvre la fenêtre et saute dans le vide. Les policiers repartirent bredouilles, un crime sur la conscience.

         Selon les instructions reçues, en cas d’arrestation, nous devions reconnaître notre appartenance aux Amis du Manifeste et de la Liberté et nier toute liaison avec le Parti du peuple algérien (Parti Nationaliste, Révolutionnaire Clandestin). C’est ce que fit la grande majorité d’entre nous malgré les intimidations, les menaces, le chantage, la torture … Certains avaient été tellement mutilés que le médecin de la prison civile de Constantine refusa de prendre sous sa responsabilité de les soigner. Aux tortures, Benouattaf Abdelkrim ripostait par toutes sortes d’injures : “ assassins, salops , nazis, criminels … ” Pour le punir encore plus, la Direction de la prison décida de le mettre avec les détenus de droit commun. Stimulés, endoctrinés par Benouattaf, ces détenus devinrent des nationalistes révolutionnaires.

         Quand nous terminions de chanter haut un hymne national, ils le reprenaient à leur tour. Quand la Direction de la prison s’en aperçut, c’était trop tard. Benouattaf fut privé de ses nouveaux compagnons et vint nous rejoindre à la Division politique.

         C’était là, les signes précurseurs de la Grande Révolution du 1er Novembre 1954.

ÉCOSYSTÈME

Positive growth.

Nature, in the common sense, refers to essences unchanged by man; space, the air, the river, the leaf. Art is applied to the mixture of his will with the same things, as in a house, a canal, a statue, a picture.

But his operations taken together are so insignificant, a little chipping, baking, patching, and washing, that in an impression so grand as that of the world on the human mind, they do not vary the result.

Sans doute n’avons-nous pas de questions à poser qui soient sans réponse. Nous devons faire confiance à la perfection de la création au point de croire que, quelle que soit la curiosité que l’ordre des choses a éveillée dans notre esprit, l’ordre des choses peut la satisfaire. La condition de chaque homme est une solution en hiéroglyphes aux questions qu’il poserait.